Tout d'un coup, une folle envie. Que tu me traverses.
Demain, allons-y.
Je te laisserai accéder à ce que j'ignore.
Que tu lises ce que je ne sais pas lire.
Toutes les coupes. Tous les contrastes.
Les zones d'opacité. Les fractures oubliées. Les organes qui mentent.
Je te promets l'immobilité.
La pièce sera privée de toute lumière naturelle. Il n'y aura que le gémissement des machines, comme si des insectes métalliques rêvaient derrière les murs.
Mon corps reposera sur cette table de cuir, froide.
Je te promets cette confiance. Fermer les yeux, te laisser me lire avec la lumière.
Je ne veux pas que tu regardes mon visage. Je veux que tu calcules mon vide. Que tu mesures ma densité. Que tu embrasses mes anomalies bénignes.
Et puis dis-moi...
Quand tout sera apparu à l'écran,
quand tu auras traversé chaque coupe, chaque cavité, chaque silence,
y aura-t-il encore une part de moi
qui te résistera ?
Alors, fais toutes les radios que tu veux.