Deep-Live-Cam : cet outil open source de deepfake change votre visage à partir d’une photo
Une photo, une webcam et quelques clics : c'est tout ce que demande Deep-Live-Cam pour remplacer votre visage par celui d'une autre personne, en direct, pendant un appel vidéo. Ce projet open source frôle désormais les 100 000 étoiles sur GitHub et les équipes IT ont de bonnes raisons de s'y intéresser.
Le principe de Deep-Live-Cam est le suivant : "Échange de visage en temps réel et deepfake vidéo en un seul clic, avec une seule image.", résume le dépôt. De quoi rendre accessible la mise en place d'un deepfake vidéo en quelques minutes sans compétences techniques spécifiques. On sélectionne la photo du visage à emprunter, on choisit la caméra, puis on clique sur « Live ». Le flux peut ensuite être diffusé via OBS Studio, donc dans n'importe quelle application de visioconférence via la création d'une webcam virtuelle ensuite reliée à Teams, Zoom ou encore Google Meet. Un masque pour la bouche permet même de conserver vos propres lèvres pour un mouvement plus naturel.
Je l'ai récemment testé dans le cadre de la création de ma vidéo "Vishing, deepfake, voix clonée : votre service IT est-il prêt ?". Je me suis dit que ça pourrait vous intéresser de savoir que ce type d'outil existe aujourd'hui. Et surtout, on obtient un résultat réellement efficace quand on prend le temps de jouer avec les options.
Il faut savoir qu'il y a deux versions de Deep-Live-Cam : la version gratuite disponible sur GitHub, toujours maintenue. La version qualifiée d'Ultimate, vendue exclusivement sur le site deeplivecam.net, qui revendique plus de 30 fonctionnalités exclusives.
Sous le capot, Deep-Live-Cam repose entièrement sur des modèles d’IA, plus précisément des réseaux de neurones. Les modèles d’InsightFace détectent d’abord les visages, placent leurs points de repère et calculent une sorte d’empreinte d’identité à partir de la photo source. Le modèle inswapper prend ensuite le relais pour générer le nouveau visage, en conservant l’expression, l’orientation et l’éclairage de la scène d’origine. Enfin, des modèles comme GFPGAN ou GPEN peuvent affiner le rendu. Tout est exécuté en local, sur votre machine, sans passer par le cloud. Voilà pourquoi une carte graphique dédiée ou une puce Apple Silicon fait toute la différence.
L'installation de l'application et de ses dépendances passe par la ligne de commande. Une fois lancée, Deep-Live-Cam affiche une interface minimaliste mais qui contient des options capables de personnaliser le deepface :
Source face : la photo du visage à emprunter (le bouton va 🔄 juste à côté va chercher un visage généré au hasard sur thispersondoesnotexist.com).
Keep fps : la vidéo produite garde la fréquence d’images d’origine.
Many faces : tous les visages détectés sont remplacés, pas seulement le principal (cela dépend s'il y a une ou plusieurs personnes à l'image).
Poisson Blend : lisse les bords du visage incrusté avec la technique du « Poisson blending » pour une transition plus naturelle.
Show FPS : affiche le nombre d’images par seconde pendant l’aperçu en direct (il faut quand même un bon GPU pour que ce soit fluide).
Face Enhancer : améliore la netteté du visage avec un modèle au choix (GFPGAN, GPEN-512 ou GPEN-256), au prix de performances plus faibles.
Transparency : règle le mélange entre le visage d’origine (0 %) et le visage incrusté (100 %).
Mouth Mask : de 0 (bouche du visage incrusté) à 100 (bouche et menton d’origine conservés), pour des mouvements de lèvres plus crédibles.
Select Camera et Live : choisit la webcam et lance le deepfake en temps réel.
Resolution : définit la résolution de capture de la webcam.
Det size : règle la taille de détection des visages (160, 320 ou 640). Une valeur plus basse va plus vite mais détecte moins bien (parfois il faut bien s'approcher de la webcam pour la détection initiale).
Screenshot
Dès que c'est en place, l'aperçu en live se lance et il s'affiche à l'écran. En l'état actuel, l'image est actuellement diffusée via la fenêtre Live Preview sans être rattachée à une application externe à l'outil.
Pourquoi c'est un sujet pour les entreprises
En avril 2025, un chercheur de l'Unit 42 de Palo Alto Networks a démontré qu'il lui avait fallu environ 70 minutes, sans expérience préalable, pour créer un deepfake en temps réel utilisable en entretien d'embauche. Le tout avec un ordinateur de cinq ans et une carte graphique achetée fin 2020. L'étude ne nomme pas le logiciel utilisé, mais évoque des outils gratuits.
Ce type d'outil abaisse fortement la barrière d'entrée en rendant accessible à n'importe qui la création d'un deepfake vidéo. Il est rapide à installer et à prendre en main. Et surtout, vous pouvez aller plus loin que le Live Preview mis en évidence précédemment.
Si vous souhaitez aller jusqu'à l'utilisation avec Microsoft Teams ou un autre logiciel, vous devez prendre le temps d'installer OBS Studio pour incruster l'image dans une webcam virtuelle. Une fois en place, vous pourriez tout à fait utiliser Deep-Live-Cam pour évaluer la vigilance de vos utilisateurs.
J'ignore s'il y a des outils plus performants que Deep-Live-Cam, mais celui-ci est déjà prometteur (pour ne pas dire inquiétant) dans sa version gratuite. Pour autant, avec quelques tests basiques, il est possible de détecter ce genre de deepfake. Je pense notamment au test de la main : passer une main devant le visage perturbe le suivi des points du visage. Des mouvements de tête rapides provoquent aussi des effets visibles.
Preuve que ce type de menace est réelle et actuelle, les éditeurs commencent à intégrer des capacités de détection des deepfakes. Au sein de Microsoft Teams, Microsoft va d'ailleurs autoriser l'utilisation d'outils tiers de détection de deepfakes capables d'afficher des alertes en réunion (dès novembre 2026).
La question n'est plus de savoir si un deepfake en temps réel se présentera un jour dans une de vos visios, mais si vos équipes sauront le repérer.
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Cofondateur d'IT-Connect et Microsoft MVP "Cloud and Datacenter Management". Mon obsession depuis près de 15 ans ? Rendre l'administration système et la cybersécurité accessibles, que vous soyez junior ou confirmé. Plus qu'un métier, l'IT est pour moi une véritable passion. J’accompagne au quotidien les sysadmins et les professionnels de l’IT dans leur montée en compétences et leur veille technique.